Rouler vert avec Pom’Road

Sur le marché ultra-concurrentiel du transport de personnes, Joris Wagner a choisi un positionnement original en fondant Pom’Road, une société de transport de personnes qui utilise exclusivement des véhicules 100 % électriques – une Tesla S en l’occurrence. L’occasion pour les particuliers comme les entreprises de tester les voitures vertes de demain.

A 37 ans, Joris Wagner affiche un sens aigu du service, hérité peut-être de son expérience de pompier militaire. Ce Lillois d’adoption a en tout cas souhaité construire une offre originale lorsqu’il a choisi de se reconvertir en 2014 dans un secteur du transport de personnes en pleine recomposition : Taxis classiques, VTC, Uber… Pas facile d’exister.

Le scandale des moteurs truqués du constructeur allemand Volkswagen donne alors une idée au jeune entrepreneur : tirer les conséquences des inquiétudes croissantes d’un public de plus en plus préoccupé par la pollution et proposer une offre aussi efficace que la concurrence, l’écologie en plus. Une opportunité de marché, mais aussi la conséquence d’une inquiétude toute personnelle : si Joris Wagner avoue volontiers que ses préoccupations environnementales sont venues avec le temps, le sujet lui tient à cœur : « Ce n’est pas toujours facile de prendre conscience des bouleversements climatiques que nous en sommes en train de vivre », précise-t-il. « Dans la région, les changements ne sont pas aussi spectaculaires qu’ailleurs. Mais je me suis demandé un matin depuis quand je ne n’avais pas fait de bonhomme de neige l’hiver avec mon fils ».

Se déplacer en voiture avec un bilan carbone zéro : le pari n’est pourtant pas si simple, pour une question simple : « en préparant le lancement de mon activité, j’ai constaté que la technologie existante n’était pas encore suffisamment aboutie chez la plupart des constructeurs. Leurs modèles électriques souffraient et souffrent encore d’un manque d’autonomie rédhibitoire dès qu’on sort du milieu urbain et des trajets courts. » Avec 200 kilomètres d’autonomie tout au plus, un réseau de bornes de recharge encore trop léger et des temps de recharge de plusieurs heures, impossible par exemple de rejoindre Paris depuis le centre de Lille avec la plupart des modèles existants, pensés pour des déplacements sur de courtes distances.

Tesla, un constructeur encore bien seul

img_0631Reste une solution : les voitures de l’américain Tesla. Créées par le très médiatique Elon Musk, elles ont un avantage majeur : des performances incomparables, une esthétique remarquable et des technologies embarquées impressionnantes. « La Tesla S affiche 400 kilomètres d’autonomie, , est silencieuse et  truffée d’électronique, se recharge presque entièrement en 30 minutes sur une borne rapide… ». Reste un inconvénient qui a d’abord fait hésiter Joris Wagner : le coût.

Encore prohibitif pour la plupart des particuliers, la berline la plus emblématique de la marque représente un investissement conséquent pour un indépendant : 92 000 euros. « Tesla s’est imposé par défaut », explique le jeune homme. « Les modèles actuels sont adaptés aux besoins de certains particuliers mais pas à ceux d’une entreprise de transport. Le grand défi du développement de l’électrique tient dans la puissance et la durée de vie des batteries » estime le chef d’entreprise. Bien plus que le développement d’un réseau dense de bornes de recharge qui ne servirait pas à grand-chose si les temps de recharge – huit heures pour des bornes classiques – ne sont pas drastiquement réduits, à son sens.

Une fois décidé, Joris Wagner décide d’investir dans un modèle qui a de solides atouts à faire valoir. Une technologie de pointe au service d’un habitacle truffé de capteurs, une voiture qui fait rêver beaucoup de conducteurs, et un bilan carbone irréprochable : la voiture sans ses défauts en somme. « Les Tesla ont des atouts à faire valoir en matière de communication, ce qui est important quand on se lance », confirme le fondateur de Pom’Road qui a passé les examens nécessaires au transport de personnes et s’adresse aux particuliers comme aux entreprises, en ciblant particulièrement celles qui affichent des ambitions sincères en matière de développement durable : « une question de cohérence personnelle ».

Grandes ambitions

Reste à trouver le bon modèle économique et à trouver sa place entre tous les acteurs du transport de personnes. « Je ne paye pas de carburant, il n’y a aucune vidange et aucun entretien  mécanique… » Mieux, Tesla prend les pneus et les freins en charge. « En définitive, je ne paye que le lave-glace », sourit Joris Wagner qui affiche des prix de course comparables à la moyenne du marché, avec le plaisir de voyager dans une voiture futuriste en plus. Tout en insistant : compte tenu de l’investissement de départ mieux vaut ne pas compter ses heures pour atteindre le seuil de rentabilité. Et éviter certains écueils : « l’image associée à Tesla a ses avantages, mais aussi ses inconvénients. Certains clients ont renoncé à utiliser mes services parce que la voiture leur paraissait trop luxueuse ».

A force de convaincre des entreprises et des particuliers séduits par ce mélange de technologie et de protection de l’environnement, Joris Wagner a trouvé un équilibre qu’il souhaite pérenniser en passant la vitesse supérieure. A la recherche d’investisseurs, le jeune entrepreneur envisage de densifier son offre  en s’orientant vers une flotte de véhicules électriques conduits par des chauffeurs aussi convaincus que lui : « la voiture comme mode de transport ne disparaitra pas, mais l’avenir est à l’écologie et à des véhicules avec une empreinte carbone zéro. Développer une activité autour de ça, c’est tout le sens de Pom’Road ».

Contact et réservation (sur rendez-vous) :

www.pomroad.com. Tél. 06 64 33 92 75

Retrouvez, comme Joris, d’autres entrepreneurs et initiatives rev3 dans « la vie rev3 des Hauts-de-France » !

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