Bon et Bien donne une nouvelle vie aux légumes

Trop tordus, trop petits, trop biscornus, en un mot trop moches pour séduire les clients sur les étals : 20 à 30% des légumes sont mis de côté au moment des récoltes car ils ne répondent pas aux normes de commercialisation. Absurde… Et évitable : appuyée par plusieurs grands partenaires industriels et commerciaux, une start-up de Templeuve compte bien réduire le gaspillage alimentaire – tout en créant de l’emploi.

Tout a commencé près de Bapaume, en 2013, lorsque l’entreprise McCain cherche à appuyer sa politique de développement durable dans une région où elle a installé son siège européen et plusieurs sites de production. De quoi tisser des liens forts avec les producteurs locaux et réfléchir avec eux à la mise en place d’une démarche partagée.

Aussitôt dit, aussitôt fait : un test grandeur nature est organisé en 2013. L’idée ? Un « glanage d’insertion » qui consiste à faire récolter par des personnes en insertion les pommes de terre laissées dans les champs après les premiers ramassages. Le partenariat monté pour l’occasion réunit un producteur (McCain), un agriculteur (la ferme familiale LePrince), 45 personnes éloignées de l’emploi suivies par une association d’aide à l’insertion (le Coin Familial), la Banque Alimentaire et un acteur majeur de la grande distribution, Leclerc. Les treize tonnes récupérées, transformées par McCain sont distribuées dans les hypermarchés de la région, grâce à un packaging spécialement conçu pour l’occasion. Devant le succès de l’opération, l’idée de créer une entreprise solidaire fait son chemin pendant deux ans, le temps d’affiner le projet et de réunir les partenaires intéressés.

Des légumes pour faire de la soupe

En octobre 2014, trois grandes entreprises privées (McCain, Randstad et Leclerc) annoncent la création de la SAS Bon et Bien, que chacun finance à hauteur de 100 000 euros. Parrainée par l’acteur Marc Lavoine, la jeune entreprise est opérationnelle depuis un an. Ses équipes récupèrent auprès des agriculteurs de la région les produits perdus en raison d’un défaut quelconque et les centralisent. Les légumes sont acheminés vers un hypermarché de la région où les salariés transforment ces produits en soupes élaborées avec deux chefs de la région, Clément Marot et Maxime Schelstraete, du restaurant Meert. Au menu, endives à l’orange, crème aux oignons, carottes-coriandre ou poireaux-laurier.

Economie solidaire

Le « social business » défendu par la jeune SAS place l’emploi local au cœur de sa démarche, d’où son lien avec Randstad qui prend les recrutements en charge, en lien avec les dispositifs d’insertion locaux. C’est bon, c’est bien et ça marche : huit personnes travaillent déjà dans l’atelier implanté dans le Leclerc de Templeuve pour une production qui a dépassé ses objectifs dès la fin de l’an dernier : alors qu’il fallait atteindre 75 000 bouteilles pour être rentable, les huit employés devraient franchir la barre des 150 000 litres de soupe par an. Le tout vendu au juste prix : les premières bouteilles, commercialisées depuis mai 2015, sont commercialisées à 3,5 € les 75 centilitres, le juste prix de l’économie solidaire… Quant aux bénéfices, ils sont intégralement réinvestis dans la société.

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